Arielle aka Biombo associe créativité et savoir-faire, avec l’aide d’un maître ébéniste, pour créer une ligne de mobilier entièrement réalisée à la main comme une véritable œuvre d’art. Au travers de cette interview, Biombo se livre sur son travail, son parcours et ses inspirations pour nous offrir une lecture passionnante.
L’ESSENCE, SA GENESE
✦ Quel est ton parcours et quel a été le déclic qui t’a amenée à l’art et à la création ?
J’ai commencé par travailler dans la photographie où le principe de base est l’observation et la compréhension de la lumière. Après plusieurs années de photo commerciale, j’ai aspiré à un changement, j’ai voyagé pendant un certain temps durant lequel j’ai pu faire le point. J’ai toujours été attirée par les travaux manuels et je me suis naturellement tournée vers la tapisserie. J’ai donc suivi une reconversion à la Bonne graine et me suis mise à mon compte.
✦ Quel médium t’inspire le plus ?
Lorsque je me suis reconvertie en tapisserie d’ameublement, j’ai rapidement été attirée par les techniques annexes que sont le paillage et le cannage. J’ai aimé la liberté de création que ces procédés peuvent offrir.
Je m’en suis approchée de manière autodidacte et en utilisant de la corde de coton ciré en place de paille ou de rotin.
La corde me permet d’obtenir des formes ciselées et définies dans mes travaux monochromes par des jeux d’ombre et de lumière dont j’apprécie la subtilité.
✦ Quel est ton processus de création ?
Il y a tout d’abord les dessins des structures que je réalise en collaboration avec un ébéniste, Grégoire Chandon, puis la réalisation de prototypes.
En ce qui concerne les motifs tissés, je les croque très rapidement et j’affine le dessin et les proportions directement en cordant sur une structure.
Il y a en général pas mal de tests avant d’arriver au résultat final. Je fais et défais beaucoup!
J’utilise une agrafeuse main et des aiguilles à capitonner, donc peu d’outils.
✦ D’où vient ton inspiration ?
Je n’ai pas d’inspiration particulière mais j’aime observer les formes un peu partout, que ce soit dans la nature ou dans l’architecture.
✦ Décris-nous ton atelier, quel est ton environnement de travail et dans quelles conditions aimes-tu créer ?
J’ai un atelier consacré à la tapisserie avant tout dans un grand espace partagé. J’y suis très bien pour mes travaux de restauration, en revanche pour ce qui est de la création, je préfère travailler chez moi au calme en ayant la possibilité de rester concentrée et de travailler même tard la nuit.
SES INFLUENCES
✦ Quelle œuvre d’art choisirais-tu pour t’accompagner toute la vie ?
C’est une question compliquée. Possiblement un tirage de Chema Madoz, un photographe espagnol dont j’adore le travail. Une production à la chambre de très grande qualité et un univers onirique.
✦ Quelle est l’exposition, l’artiste ou l’œuvre qui t’a le plus émue ?
Toujours de la photographie, Francesca Woodman, une œuvre très intime.
✦ Une pièce de mobilier design qui te fait rêver ?
À vrai dire je rêverais plutôt d’une pièce d’un artisan tel qu’André Charles Boulle. Il y avait un savoir-faire au XVIIème / XVIIIème siècle qui me fascine.
✦ Un endroit qui t’inspire et te ressource ?
L’océan.
✦ Une couleur de prédilection ?
Je n’en ai pas particulièrement.
LAST BUT NOT LEAST !
✦ Quelle est la journée type de Biombo ?
Très honnêtement je n’ai pas de journée type, j’ai des commandes très variées, c’est d’ailleurs ce qui me plaît.
✦ Avec ton expérience du monde de l’art, que dirais-tu à un artiste qui se lance aujourd’hui ?
Je ne pense pas être douée pour donner des conseils, et puis j’évolue davantage dans le monde de l’artisanat que de l’art. Je dirais qu’il faut être passionné en tout cas.
✦ Un accident d’atelier ou un imprévu qui s’est intégré à ta technique ?
Oui ça m’arrive ! Je fais vraiment beaucoup de prototypes et je n’en garde pas tant que ça.
✦ Des projets à venir ?
Oui toujours, une idée de cadre pour Biombo plus précisément en ce moment.
